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Entretien avec M Filloque, Vice-Président en charge de la FTLV, et Président du reseau français de FCU (CDSUFC)

10/02/2009

Depuis 1979, Monsieur Filloque travaille dans le secteur de la formation continue d'abord en GRETA, puis à l'IUT de Brest. Depuis 1998, il assure la direction d'un service universitaire de formation continue, gérant plus de 3500 stagiaires par an, et particulièrement actif dans le domaine de la VAE.

Vers quel public l'Université de Bretagne s'adresse-t-elle dans sa démarche de formation tout au long de la vie ?

 Notre pôle universitaire s'intéresse à tous les publics, qu'ils soient encore dans le cadre de la formation initiale ou dans le cadre de la vie active. La formation tout au long de la vie permet à chaque individu, à tout moment de sa vie, d'aller chercher des éléments de connaissances et de compétences lui permettant de conduire son parcours professionnel.

La formation tout au long de la vie s'identifie également à la notion de promotion sociale. L'individu, grâce à l'obtention de titres ou de diplômes, peut faire valoir ses connaissances et ses compétences au niveau de la société. C'est un ascenseur social.

 Il faut noter qu'il n'est pas facile pour un individu de faire financer sa formation. Les dispositifs sont complexes, mal connus voire illisibles pour un grand nombre de personnes.

Existe-t-il des difficultés pour se former tout au long de la vie en utilisant les TIC ? Avez-vous pu les identifier ?

L'évolution des technologies a permis à un plus grand nombre d'individus de se former à distance. La couverture nationale en haut débit est excellente, et les foyers français ont un niveau d'équipement en informatique très important. Pour les plus démunis, certaines collectivités ont mis en place des dispositifs d'accès qui pallient largement aux problèmes que peuvent rencontrer ces personnes pour accéder à la formation à distance.

Un travail gigantesque a été réalisé sur l'ingéniérie de formation, les modules proposés à ce jour n'ont plus rien à voir avec les modules d'il y a 10 ans. Les interfaces sont plus conviviaux, et les contenus plus interactifs. Grâce à ce travail, la formation à distance s'adresse aujourd'hui à tous les publics même les plus en difficultés. Mais il y a loin entre le possible et la réalité...

Ce travail de développement n'est absolument pas valorisé pour les universitaires en charge de la conception de ces programmes, et cela constitue rarement un bonus pour les universités. Toutefois, des évolutions se font jour dans certains établissements, à la faveur des nouvelles réglementations.

Mais la plus grosse difficulté, selon moi,  réside dans le fait que le stagiaire se trouve en situation d'isolement. Le groupe est un élément structurant, l'isolement est déstabilisant. C'est la raison pour laquelle certaines organisations, comme le campus numérique de Bretagne par exemple, ont acheté des systèmes de classes virtuelles. Ainsi chaque individu, grâce à ces moyens technologiques, peut vivre la classe comme s'il y était physiquement.

Quel est le public type de la formation tout au long de la vie utilisant la formation à distance ?

Il y a aujourd'hui 8 millions de personnes actives en formation chaque année en France, dont 300 000 dans les universités, alors que plus de 20% des actifs ont un niveau supérieur au Bac. Un premier constat : l'université n'est malheureusement pas reconnue dans la formation tout au long de la vie auprès des entreprises et des salariés, et dispose d'une marge importante de progression sur son public cible.

Nos publics sont généralement des personnes ayant un niveau scolaire assez élevé, recherchant des titres ou diplômes dans le cadre de la LMD.

Par exemple, nous avons passé des conventions de partenariat avec plusieurs organisations de branche des banques, pour permettre à leur salariés de valider une Licence professionnelle ou un Master, en lien avec leur métier.

L'UIMM nous fait également confiance dans le cadre de parcours de professionnalisation de Licences ou de Masters, car les métiers de la métallurgie ont un besoin très important de personnels, techniciens ou ingénieurs, formés à leurs métiers. Organisés en alternance, les entreprises y trouvent un bénéfice certain car les périodes en entreprise servent également de périodes de pré-recrutement.

Nous pouvons dire que les entreprises commencent à s'ouvrir à l'université, certes pour l'instant sur des métiers spécifiques et des demandes ponctuelles, mais les compétences acquises par les stagiaires et la qualité de nos prestations sont notre meilleure publicité auprès de ces organisations.

Les outils de la formation à distance complètent de plus en plus les moyens utilisés par les équipes de formation.

Pensez-vous que la réforme de la formation professionnelle sera un vecteur de promotion de la formation tout au long de la vie utilisant la formation à distance ?

La réforme en cours et l'ANI signé en janvier met en exergue le développement des compétences des individus. Les discussions sur la nouvelle articulation entre CIF et DIF, et sur la VAE, peuvent ouvrir des perspectives intéressantes. Il est vrai que les résultats de la VAE sont encore assez pauvres. Dans les universités, 40% des inscrits réussissent la validation du premier coup, les autres sont orientés vers des parcours complémentaires. La réforme en cours va valoriser ces dispositifs, la FOAD peut pleinement jouer son rôle dans le cadre de parcours complémentaires dès lors que le projet global de formation intègre cet outil. Cette modalité pourrait favoriser l'accès à la certification.

Il en va de même pour les salariés âgés de plus de 45 ans en rupture d'emploi, les seniors. Ils pourraient trouver ainsi des réponses pertinentes à leur besoin de formation et de requalification.

La FOAD pourra également remédier dans certains cas aux problèmes d'accès à la qualification des jeunes sortis du système éducatif sans aucun diplôme. Ils pourraient trouver à travers cet outil un moyen de se former à leur rythme et d'acquérir les connaissances et compétences qui leur manquent pour accéder à la vie professionnelle, dans un environnement plus usuel pour eux, celui du numérique.

La réforme laisse une grande place aux moyens modernes de communication dans la formation tout au long de la vie, l'université dispose des compétences pour faire valoir ses atouts.

par André ESCURE, ©ANDRE ESCURE CONSULTANT

Ministere de l'enseignement supérieur

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L'auteur

André ESCURE
Tél. : 06 67 87 99 13
contact@escure-consultant.fr

Escure Consultant
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