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Entretien avec Bernard Falck, Directeur de l'éducation et de la formation au MEDEF

20/11/2008


M. Falk est Directeur de l'éducation et de la formation au MEDEF.

Le MEDEF contribue à l'éducation et à la formation tout au long de la vie professionnelle, notamment par les négociations interprofessionnelles sur la formation, les actions menées en matière de formation initiale (par exemple : déploiement de la découverte professionnelle, renforcement des liens universités-entreprises, etc.) et une présence territoriale par 22 coordinateurs régionaux de la formation professionnelle.

Comment le MEDEF situe-t-il l'outil F.O.A.D. dans le processus de formation ?

Nous devons d'abord faire un constat, la France est très en retard par rapport aux pays utilisant cette technologie, comme la Grande-Bretagne, les U.S.A., le Canada surtout la province du Québec qui dispose certainement de l'un des systèmes les plus aboutis.

L'outil est intéressant à deux titres :

1°) Il permet une autonomie de l'apprenant, qui facilite ainsi l'apprentissage

2°) Il permet de favoriser des économies sur les coûts non pédagogiques et ainsi, grâce aux économies réalisées, d'apporter une meilleure qualité sur les contenus de la formation.

 Cependant on remarque dans notre pays que la F.O.A.D. est plutôt dirigée vers des formations d'un niveau assez élevé et donc s'adresse à des panels de public restreints.

Enfin la mise en œuvre de la F.O.A.D. n'est pas à la portée de tous les organismes de formation. La création de supports, les coûts d'élaboration des contenus, l'ingénierie nécessaire à la conception représente des moyens conséquents dont peu d'organismes de formation disposent.

La forme joue un rôle essentiel aussi important que le fond dans le cursus de mise en place d'un outil F.O.A.D.

Les actions de formations réalisées grâce à ce processus permettent de mieux accompagner l'apprenant dans l'acquisition des compétences grâce à un suivi plus séquencé par rapport au cadre d'une action de formation classique. Il allie également une grande souplesse d'utilisation, l'apprenant pouvant accéder à sa formation dans les plages horaires décidées par lui-même. La formation peut se dérouler ainsi au rythme de chacun.

Comment voyez-vous la contribution d'acteurs publics dans la mise en place de la F.O.A.D. sur notre territoire ?

La Grande Bretagne a réalisé des programmes de F.O.A.D. grâce à l'implication de certaines universités, je pense par exemple à l'OPEN UNIVERSITY. En France, ce type d'actions est dirigé vers des formations de niveau supérieur, type Master. Cependant l'offre n'est pas encore très repandue et ne représente qu'un nombre limité de certifications.

Les grandes écoles disposent, pour bon nombre d'entre elles, d'un mix entre cours classiques (présentiel) et cours via la F.O.A.D.

Il est évident qu'on ne peut plus faire abstraction de ce type de dispositif dans le contenu de certaines formations. Ce système peut être largement étendu dès lors que sa conceptualisation est adaptée au contenu et au niveau de qualification visé.

Pour ce qui est de l'accès à la formation pour des publics en difficulté ou éloignés des points d'accès aux technologies de l'information et de la communication, la F.O.A.D. doit aussi jouer pleinement son rôle.

Certaines régions se sont bien saisies de ce dossier et les aménagements réalisés dans certains territoires (bornes publiques, point d'accès multiples) sont bien adaptés aux besoins. L'idée, de travailler sur des outils partagés avec les pays ou territoires qui ont développé des systèmes avancés de F.O.A.D., n'est pas suffisamment creusée. Nous pourrions gagner en efficacité dans le développement de nos propres outils et sur les méthodologies de mise en place.

Comment expliquez-vous-les difficultés de prise en charge financière par les O.P.C.A. des formations faisant appel à la F.O.A.D. ?

Il ne doit pas y avoir de frein à l'accès à des formations utilisant l'outil F.O.A.D. La circulaire de 2001 sur l'imputabilité d'une action de formation ouverte à distance est explicite. Je comprends qu'il puisse y avoir quelques difficultés sur ce qui touche à l'accès à la formation hors temps de travail. Il ne faut pas oublier que pour une entreprise et pour un salarié la compétitivité et la promotion sociale sont deux concepts qui doivent se rejoindre.

Il ne faut exclure aucun moyen pour permettre à un individu d'obtenir une meilleure qualification et donc d'accroitre son employabilité. Les technologies éducatives doivent être totalement inscrites dans nos systèmes.

Je rappelle également que nous souhaitons évoquer les technologies éducatives dans la négociation en cours sur la formation professionnelle. Le sujet est explicitement cité dans le document de travail sur les enjeux et les priorités de la formation professionnelle.

Pensez-vous que l'outil F.O.A.D. va supplanter les autres modes de formation ?

Nous sommes dans un monde où les technologies prennent chaque jour une place de plus en plus importante dans notre quotidien. Dire que la F.O.A.D. sera la méthode de formation de demain serait très présomptueux de ma part. Je pense que l'avenir de la F.O.A.D. passera par un mix des deux formes d'enseignement (présentiel et à distance).

Les contenus vont évoluer en fonction des technologies. Les entreprises et les salariés ont besoin de souplesse que ce soit dans l'organisation du travail comme dans la formation.

Mettre à disposition des salariés et des entreprises tous moyens permettant d'améliorer cette souplesse et la possibilité de parvenir à des compétences accrues est une nécessité dans le monde économique dans lequel nous évoluons.

La F.O.A.D. est une des réponses à ces nécessités.

par André ESCURE, ©ANDRE ESCURE CONSULTANT

Ministere de l'enseignement supérieur

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L'auteur

André ESCURE
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Escure Consultant
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